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AUX FRONTIÈRES : LA CARINTHIE
Une littérature en Autriche des années 1960 à nos jours
publié sous la direction de Bernard Banoun
Cultures d’Europe centrale, hors-série n° 2, 2003, 251 pages
Région fédérale d’Autriche, limitrophe de l’Italie et de la Slovénie, la Carinthie a donné naissance à quelques-uns des plus grands auteurs de la littérature du xxe siècle, parmi lesquels Robert Musil et Inge borg Bachmann. À côté de l’étude de la situation culturelle et politique de la région, les analyses et les textes littéraires d’une trentaine d’auteurs réunis dans ce volume se penchent sur le mélange et la cohabitation des deux groupes ethniques et linguistiques (allemand et slovène), l’extraordinaire musicalité du dialecte carinthien qui en résulte peut-être, la chape de silence posée sur l’histoire récente qui force les auteurs à inventer souvent leur langue propre, et enfin sur la question du rapport entre littérature du terroir (carinthien), littérature nationale (autrichienne) et littérature universelle. Ce volume contient, entre autres, des textes d’auteurs tels que Ingeborg Bachmann, Christine Lavant, Michael Guttenbrunner, Peter Turrini, Werner Kofler, Gert Jonke, Josef Winkler, Florian Lipuš, Gustav Januš, etc.
TABLE DES MATIÈRES
Études
Bernard BANOUN : » Noms de pays «
Heinz SCHWARZINGER : » Que cache la Carinthie ? Réflexions d’un traducteur «
Antonio FIAN : » Des yeux pour l’impossible «
Herta Luise OTT : » La littérature slovène en Carinthie face à l’histoire «
Maja HADERLAP : » L’angle de la Mitteleuropa : Une réminiscence «
Klaus AMANN : » Écrire l’histoire d’une littérature régionale : l’exemple de la Carinthie «
Ute WEINMANN : » La politique culturelle en Carinthie, 1999 – 2003 «
Anthologie
Poètes : entre ici et l’ailleurs
Christine LAVANT
Ingeborg BACHMANN
Michael GUTTENBRUNNER
Lilian FASCHINGER
Gustav JANUŠ
Maja HADERLAP
Fabjan HAKNER
Axel KARNER
Bernhard C. BÜNKER
Récits et expérimentations narratives
Gert JONKE : Roman géométrique du terroir
Florjan LIPUŠ : L’Effacement de mon village
Josef WINKLER : Le Laboureur de Carinthie
Ernst Christian PACHER : La Position au bord de l’abîme
Janko FERK : La Fin de Roschner
Helga GLANTSCHNIG : Mirnock
Lydia MISCHKULNIG : Étreinte
Werner KOFLER : Guggile, Le Pâtre sur le rocher, Derrière mon bureau
Textes, histoires, identités
Fabjan HAFNER : Fais une phrase avec combat !
Klaus AMANN : La Lenteur de la compréhension. La poétique de Peter Handke
Peter HANDKE : Fureur et mystère
Andrej KOKOT : L’enfant que je fus
Janko MESSNER : Ignace Muri
Alexander WIDNER : Charmante par son aspect limité
Alois HOTSCHNIG : Là, jadis, à présent
Josef WINKLER : Personne déplacée
Théâtre
Peter TURRINI : L’Infanticide
Gert JONKE : Insectarium
Bernd LIEPOLD-MOSSER : Klagenfurt
Robert WOELFL : Tantôt rassasié, tantôt mort, tantôt convivial
Antonio FIAN : Quatre dramuscules
Esthétique des confins I. LE VOYAGE DANS LES CONFINS
publié sous la direction de Delphine Bechtel & Xavier Galmiche
Cultures d’Europe centrale, n° 3, 2002, 247 p.
Territoires à la frontière, les confins représentent un ailleurs géographique mais aussi poétique, cristallisant et parfois renversant l’opposition entre le « centre » et la « périphérie ». Dans les pays d’Europe centrale, il y va souvent d’un mythe collectif : le rêve des Allemands et des Autrichiens sur la Galicie, des Polonais sur la Lituanie ou l’Ukraine, des Tchèques sur la Slovaquie, des Hongrois sur la Transylvanie, des Juifs assimilés sur le monde de la culture yiddish, pour n’en citer que quelques exemples. Le récit de voyage vers les confins, départ d’un centre oppressant vers un « ailleurs » salutaire, reposant sur la nostal gie d’un pays à la fois proche et lointain, d’une « patrie personnelle », exprime à travers un genre littéraire particulier cette aspiration au ressourcement géographique et spirituel. Études de cas d’artistes, d’essayistes et d’écrivains allemands et autrichiens (Döblin, Däubler, Franzos, Schnitzler), hongrois (Németh), tchèques, yiddishophones (Peretz, Anski), polonais (Schulz, Kossak-Szczucka), russe (Sigismund Krzyzanowski), mais aussi francophones (Simenon, Ritter).
TABLE DES MATIÈRES
Andrei CORBEA-HOISIE : « Le voyage colonisateur de Karl Emil Franzos en Semi-Asie »
Markéta THEINHARDT : « Jaroslav Čermák, un peintre tchèque entre Paris et les Balkans »
Delphine BECHTEL : « D‘Images d’un voyage en province (1891) de Peretz à La Destruction de la Galicie (1921) d’An-Ski : représentation des confins juifs entre expédition statistique et littérature »
Thomas SERRIER : « L’Est commence au plus tard à la gare de Silésie de Berlin : Voyages allemands dans la ‘Marche orientale’ autour de 1900″
Wolfgang SABLER : » Le Chemin solitaire (1904) de Schnitzler et les traces des expéditions archéologiques en Bactriane »
Catherine SERVANT : « Présences slovaques dans l’œuvre de Miloš Jiránek »
Xavier GALMICHE : « Europe centrale et parties personnelles chez William Ritter »
Marek TOMASZEWSKI : « Le voyage nostalgique dans les confins ou la mémoire des lieux des romanciers polonais des années 1920 et 1930 »
Roman DZIERGWA : « Voyages, visites et confrontations littéraires avec les confins orientaux de la Pologne de l’Entre-deux-guerres chez les auteurs allemands »
Luba JURGENSON : « Sigismund Krzyanowski et le voyage imaginaire de Münchhausen »
György TVERDOTA : « La ‘fraternité de lait’ des peuples d’Europe centrale dans le récit de voyage en Roumanie (1935) de László Németh »
Boris CZERNY : « Confins et envers des confins dans l’Europe des années trente chez Georges Simenon »
Esthétique des confins II. LE MYTHE DES CONFINS
Textes réunis par Delphine Bechtel et Xavier Galmiche
Cultures d’Europe centrale, n° 4, 2004, 261 pages
En Europe centrale et orientale, les « confins » jouent un rôle tout particulier dans la genèse de mythes identitaires et nationaux, tout comme dans l’imaginaire littéraire des cultures qui la composent. Ces territoires placés à la frontière d’une civilisation qui se comprend comme un rempart de l’Occident (les Marches de l’Est pour l’Allemagne, les Kresy pour la Pologne, par exemple), se déclinent aussi sur le mode du lieu mythique des origines, du paradis perdu de l’enfance ou de l’Atlantide engloutie. La redécouverte de ces régions multiculturelles enfermées dans un mur de l’oubli durant l’ère communiste permet enfin d’en mesurer la pertinence pour la constitution des identités modernes.
Ce numéro rassemble à la fois des articles de fond sur le concept de confins vus d’un centre qui se déplace (Pays germaniques, Roumanie, Pologne, Biélorussie, Hongrie, etc.) et des études ancrées dans les provinces à l’identité à la fois particulière et multiple que sont les « Sudètes », la Posnanie, la Galicie, le Banat, la Transylvanie, la Slovaquie, etc.
« La Galicie est dans la solitude du bout du monde, et cependant elle n’est pas isolée ; elle est proscrite, mais non coupée du reste de l’univers ; il y a en elle plus de culture que ne le laissent supposer ses égouts défectueux ; beaucoup de désordre, et encore plus d’étrangeté. Beaucoup l’ont connue du temps de la guerre, mais la Galicie cachait alors son vrai visage. Ce n’était pas un pays, mais une étape ou le front. Or elle a sa gaieté propre, ses chants et ses gens bien à elle, et son éclat particulier, la splendeur triste des outragés.«
Joseph Roth, « Voyage en Galicie »
TABLE DES MATIÈRES
I. Anciens et nouveaux paradigmes théoriques
Bernard BANOUN : « L’utopie heurtée au réel – L’Autriche de Hofmannsthal après 1914 »
Robert TRABA : » ‘Kresy‘ ou ‘Atlantide du Nord’ ? Discours polonais contemporains sur la mythologie des lieux «
Hanna KONICKA : » Un mythe sans confins : archéologie des Kresy dans la culture polonaise à travers l’histoire «
Delphine BECHTEL : » ‘Galizien, Galicja, Galitsye, Halytchyna‘ : Le mythe de la Galicie, de la disparition à la résurrection (virtuelle) «
Monica SPIRIDON : » Les confins, fatalité et provocation : un aperçu de l’identité culturelle roumaine «
II. Les confins face aux bouleversements historiques du XXe siècle
Carole KSIAZENICIER-MATHERON : » Mythe des confins et écriture de l’ambivalence dans Cavalerie rouge et le Journal de 1920 d’Isaac Babel «
Xavier GALMICHE : » La Galicie, confins de la paix et de la guerre chez les auteurs de Bohême (Moments des années de guerre de Jaroslav Surych, La Grande raclée de Jaroslav Hašek) «
Rudolf JAWORSKI : » Les romans frontaliers’ allemands des Sudètes 1918-1939 : entre politique et trivialité «
Thomas SERRIER : » Entre l’idylle et l’épopée : de la ‘littérature des marches orientales allemandes’ avant 1914 à la ‘littérature de la frontière’ dans l’entre-deux-guerres «
III. Déclinaisons et variétés régionales
Csaba G. KISS : » ‘Patriotes’ et ‘panslaves’ dans les confins de la Haute-Hongrie d’après les romans de Kálmán Mikszáthe et de Svetovár Hurban Vajanský
Malgorzata SMORAG-GOLDBERG : » Le voyage en chambre ou les pérégrinations poétiques de Bruno Schulz «
Vita SUSAK : Les visages de la Galicie orientale dans les oeuvres de ses peintres (fin XIXe – début XXe siècles)
Virginie SYMANIEC : » Les auteurs originaires des confins au cœur du mythe Biélorussie «
Adriana BABEȚI : » Provincia inter confinia : Un paradis aux confins, le Banat «
Claire de OLIVEIRA : » ‘Le temps s’écoule ici autrement’ : Perspectives intertextuelles de l’Elégie transylvaine d’Adolf Meschendörfer «
Esthétique des confins III. LA DESTRUCTION DES CONFINS
Textes réunis par Delphine Bechtel et Xavier Galmiche
Cultures d’Europe centrale, n° 5, 2005, 304 pages
La destruction des confins de l’Europe centrale, ces territoires situés à la frontière, loin des centres, est un processus qui s’est déployé durant tout le XXe siècle. Il a découlé de la distorsion existant entre la définition univoque des nouvelles identités politiques fondées sur le principe de l’État-nation, imposé à partir de la fin de la Première Guerre mondiale et la multiplicité persistante de leurs réalités démographiques, sociales et culturelles. Cette disparition prend tout son tragique depuis la montée des fascismes et la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la période stalinienne. Ces traumatismes à grande échelle ont fait de la destruction des confins le phénomène le mieux partagé de l’Europe centrale au XXe siècle, où le sentiment de deuil irréversible qu’ils ont entraîné est le lot commun. Depuis les années 1960 environ, le retour critique sur le bien fondé des États-nations, la tentative de renouer avec la réalité révolue du voisinage entre ethnies et entre nations, dont les confins sont l’emblème, sont à la source d’une pensée politique du « vivre ensemble » qui s’est épanouie dans les années 1890. La chute du Mur de Berlin a marqué une véritable vogue de ces régions-frontières.
Aujourd’hui, comment redécouvrir ce patrimoine bafoué ? Comment s’en souvenir ?
Avec ces contributions d’historiens et spécialistes des cultures allemande et autrichienne, croate, tchèque, polonaise et ukrainienne, mais aussi juive, hongroise et tsigane.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction
Delphine Bechtel et Xavier Galmiche
I. Liquidations, traumatismes et séquelles
Des Kresy aux régions frontalières de l’URSS : le rôle du pouvoir stalinien dans la destruction des confins polonais
Catherine Goussef
Les relations interethniques à Buczacz (Galicie orientale) durant la Shoah selon les témoignages d’après guerre
Omer Bartov
De Jedwabne à Zolotchiv : pogromes locaux en Galicie, juin-juillet 1941
Delphine Bechtel
« L’obligation de se déterminer » : le conflit germano-polonais en Haute-Silésie
Philipp Ther
« Une sorte de mur infranchissable » – La dernière phase de la destruction des confins polono-hongrois dans les mémoires de Stanisław Vincenz
Csaba G. Kiss
Aux confins urbains de l’Europe centrale : les quartiers tsiganes entre abandon et résistance
Samuel Delépine
II. Mémoires et survivances
Le syndrome du peuple élu : Les Saxons de Transylvanie et la destruction des confins
Pierre de Trégomain
« Localité désertée » – Réalité et sémiotique de la destruction des confins nord de la Bohême depuis 1945 (Václav Řezáč, Emil Juliš)
Xavier Galmiche
La « partie perdue » dans la littérature allemande : du deuil à la reconnaissance (aller et retour)
Thomas Serrier
Polonais, Juifs et Ukrainiens à Brzeżany pendant la Guerre et la Shoah : Perceptions et souvenirs croisés
Shimon Redlich
III. Le retour du refoulé
Traumatisme, mémoire et réconciliation. Tchèques et allemands des Sudètes chez Erica Pedretti et Jaroslav Durych
Bernard Banoun
Le complexe du « cinquième coin » – La destruction des confins dans la littérature juive soviétique, des années 1930 à 1970
Boris Czerny
Des territoires de projection : la représentation des confins dans le cinéma soviétique (1928-1968)
Catherine Géry
L’insupportable réalité des confins croates – Du Banquet en Blithuanie de Miroslav Krleža à la destruction de Vukovar
Sineva Béné Katunarić
Figures du marginal dans les littératures centre-européennes
publié sous la direction de Delphine Bechtel & Xavier Galmiche
Cultures d’Europe centrale n° 1, 2003, 104 p.
L’ILLUSTRATION EN EUROPE CENTRALE AUX XIXe ET XXe SIÈCLES
publié sous la direction de Markéta Theinhardt & Pierre Brullé
Cultures d’Europe centrale, n° 6, 2006, 248 p.
Textes réunis par Markéta Theinhardt et Pierre Brullé, 2006, 248 p.
Au xixe et au xxe siècle, l’art de l’illustration a connu un développement remarquable dans le monde occidental, en particulier en Europe centrale. Cette évolution a été favorisée non seulement par le progrès technique des moyens de reproduction mais aussi par le changement considérable des conceptions esthétiques qui devait aboutir à la fin du xixe siècle, dans cette aire culturelle riche et complexe, à des réformes profondes de l’enseignement artistique et à la fondation des « sécessions », accordant une plus grande importance aux arts graphiques.
L’illustration a aussi joué un rôle capital dès le début du xixe siècle dans les tentatives d’élaboration d’esthétiques nationales.
Couvrant le vaste espace culturel des pays centre-européens, avec l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, les Pays tchèques, et une période qui va du Biedermeier jusqu’à la seconde moitié du xxe siècle, le volume rassemble des essais très divers qui s’intéressent, entre autres, à l’adéquation de l’image et du texte, à la décoration du livre, aux relations de l’illustrateur avec ses commanditaires ou son public… Riche en informations et en analyses précises, il révèle des caractéristiques fondamentales de l’illustration centre-européenne moderne, à travers l’étude d’ensembles marquants, parfois inédits ou pour le moins peu connus.
TABLE DES MATIÈRES
RADIM VONDRÁČEK
Et patati et patata humoristique…
Sur les limites de l’illustration tchèque dans la première moitié du XIXe siècle
SABINE GRABNER
Peter Fendi, illustrateur des Ballades de Schiller
MARIA POPRZĘCKA
Artur Grottger, illustrateur de l’histoire contemporaine de la Pologne
PETR ŠTEMBERA
Les illustrations parisiennes de Luděk Marold ou l’illustrateur victime des éditeurs
GENEVIÈVE LACAMBRE
Les Documents décoratifs de Mucha
KATALIN GELLÉR
Aspects de l’illustration hongroise entre 1895 et 1920
KRISZTINA PASSUTH
Fragment et totalité. À propos de l’Album de József Rippl-Rónai
MARKÉTA THEINHARDT
L’artiste est le personnage : František Kupka et ses illustrations pour la Ballade d’un homme et de ses joies d’Antonín Sova
XAIVER GALMICHE
« Impressionniste et ironique », l’autre symbolisme d’Antonín Sova. À propos du livre de Sova, Ballade d’un homme et de ses joies, illustré par František Kupka
PIERRE BRULLÉ
L’illustration des poèmes de Mallarmé par Kupka, la « mésaventure » d’un livre impossible
LAURENCE SIGAL-KLAGSBALD
Le Cantique des cantiques illustré par Kupka
ELISABETH KRIMMEL
L’illustration expressionniste allemande, sismogramme d’une époque
EWA BOBROWSKA-JAKUBOWKI
L’illustration au service de l’idée : Arthur Szyk et la tradition polonaise de l’illustration engagée
ARNAULT MARÉCHAL
Le Bateau ivre de Rimbaud illustré par Toyen
KRISTÝNA MATYSOVÁ
Illustrer Hrabal : la poétique hrabalienne à travers les illustrations de Josef Jíra, de Vladimír Tesař et de Vladimír Boudník
La Chabraque (Paluba), les rèves de Maria Dunin
par Karol IRZYKOWSKI
édition bilingue sous la direction de Kinga Siatkowska-Callebat et Mateusz Chmurski
2é édition revue et complétée, 298 pages (Cultures d’Europe centrale, hors série n° 5)
ISBN 978-2-7204-0519-8
« Tout à coup, apparut une femme aux longs cheveux roux, au visage blême et aux yeux déments, vêtue de haillons qui laissaient par endroits apparaître son corps nu. Elle s’assit par terre près du feu, adressa aux bergers des grimaces qui se voulaient aguicheuses accompagnées de gestes indécents, en demandant qu’on lui donnât quelque chose à manger. Les bergers crachèrent dans sa direction, lui jetèrent des mottes de terre en l’appelant Kseńka-La Chabraque. Ils finirent par lui donner quelques pommes de terre, à peine cuites ou carbonisées, et la chassèrent.
C’était la folle du village. Un jour, elle avait été violée par ces mêmes jeunes gens dans un excès de bonne humeur et, depuis ce temps-là, ils ne pouvaient plus se débarrasser d’elle. »
Karol Irzykowski, La Chabraque
Faire connaître Karol Irzykowski (1873-1944) en France au début du XXIe siècle est un défi audacieux. Qui se cache derrière ce nom qui apparaît dans les travaux consacrés aux « grands » de la Pologne littéraire du XXe siècle, mais le plus souvent relégué en note ? Cette nouvelle édition, enrichie par des extraits du journal personnel d’Irzykowski, présente La Chabraque comme une sorte de cure psychanalytique avant la lettre que son auteur propose à la culture polonaise, mais aussi, d’une certaine façon, à lui-même.
Deuxième édition bilingue augmentée, précédée d’un dossier critique
TABLE DES MATIÈRES
Percer le mystère de La Chabraque
Dossier critique
Le « Monstre » de Karol Irzykowski, par Kinga SIATKOWSKA-CALLEBAT
Brève chronologie
Karol Irzykowski – bibliographie sélective
La contestation des « petites moules » : les contextes européens de La Chabraque par Zofia MITOSEK
La littérature du jeune modernisme, par Włodzimierz BOLECKI
La verbalisation de l’inconscient
Le projet d’une nouvelle psychologie
Métafiction et narration
La lecture du roman, par Ewa SZARY-MATYWIECKA
« …un flux de pensée » : du journal personnel à La Chabraque par Mateusz CHMURSKI
Triple mutisme : point de départ
De Sienkiewicz et Hebbel à soi-même
» […] comprendre La Chabraque de la façon dont je veux qu’on la comprenne «
De Patuba à La Chabraque, ou comment résoudre l’énigme de l’équivalence, par Patrick ROZBORSKI et Kinga SIATKOWSKA-CALLEBAT
La » théorie de l’innomé «
Patuba, ou comment saisir l’ » innomé «
Traduire l’intraduisible
Journal personnel de Karol Irzykowski
Extraits publiés et traduits par Mateusz CHMURSKI
La Chabraque, le roman de Karol Irzykowski
publié et traduit par Patrick ROZBORSKI et Kinga SIATKOWSKA-CALLEBAT
Les rêves de Maria Dunin. Palimpseste
La Chabraque, étude biographique
Explication des Rêves de Maria Dunin et leur lien avec La Chabraque
Les Remparts de La Chabraque
Le Département d’études polonaises de l’Université de Varsovie
Le Centre de civilisation polonaise de l’Université Paris-Sorbonne
Présentation de la collection CULTURES D’EUROPE CENTRALE
La Terre de la grande promesse
La Terre de la grande promesse
Edition bilingue d’extraits choisis du roman de Władysław Stanisław Reymont
La Terre de la grande promesse
Zieima obiecana
Traduction d’Olivier Gautreau
La Terre des grandes promesses et des partis pris
Dossier critique réuni par Danuta Knysz-Tomaszewska et Marlgorzata Smorag-Goldberg
ISBN 2-9522710-6-2, 2004, 256 pages
Grand centre industriel né dans l’effervescence du capitalisme sauvage de la fin du XIXe siècle, la ville de Łódź, deuxième agglomération de la Pologne actuelle, représente un phénomène à part : ville au passé multiculturel, ville hétérogène et démesurée, elle constitue par le dynamisme et la brutalité du développement qu’elle a connu au cours du XIXe siècle une exception dans un espace centre-européen où la croissance urbaine fut plus lente, l’essor industriel plus tardif et la structure socio-économique plus archaïque qu’en Europe occidentale.
Dans son roman La Terre de la grande promesse (1897), Władysław Stanisław Reymont, écrivain polonais prix Nobel de littérature, décrypte cette ville, tente d’en comprendre les mécanismes et d’y entrevoir les clefs d’un monde à venir qu’il craint mais dont il subit la fascination.
Le présent volume rassemble en une édition bilingue quatre-vingts pages de ce roman inédit en français, assorties d’un dossier critique qui le replace dans le contexte de l’époque.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction Danuta Knysz-Tomaszewska et Malgorzata Smorag-Goldberg
L’auteur et le roman
– Danuta Knysz-Tomaszewska: » Portrait de W. St. Reymont » suivi d’une brève bibliographie et d’une chronologie
– Magdalena Popiel : « La laideur à l’assaut du roman »
– Natalia Krynicka : » La boue et le sable : quelques aspects de la représentation de la ville de Łódź par Władysław Stanisław Reymont et Israël Joshua Singer «
Le film
– Tomasz Burek : » Le Pandémonium de Reymont et Wajda «
– Agnieszka Grudzinska : » A propos du film La Terre de la grande promesse. Interview avec Andrzej Wajda «
– » Autour du débat sur le film d’Andrzej Wajda La Terre de la grande promesse. Archives de la censure «
– Jacques Burko : » La Terre de la grande promesse : Reymont et Wajda, même combat ? 3
– Malgorzata Smorag-Goldberg : » En guise de commentaire «
Le roman
– Extraits choisis de Ziemia obiecana (La Terre de la grande promesse)
Łódź d’hier et d’aujourd’hui
Le Banat, un Eldorado aux confins
publié sous la direction de Adriana Babeți & Cécile Kovácsházy
Cultures d’Europe centrale, hors-série n° 4, 2007, 368 p.
Connu en Occident surtout par le nom de sa capitale Timisoara, associé aux événements presque légen daires qui ébranlèrent la dictature Ceaus,escu, le Banat est une région-frontière emblématique de l’Europe centrale. Passée sous le pouvoir de l’Empire ottoman puis de l’Empire des Habsbourg, il a affirmé à travers les siècles une cohérence territoriale, politique, sociale et culturelle. Aujourd’hui située dans sa plus grande partie en Roumanie, mais aussi en Serbie et en Hongrie, cette région a été redécouverte, notamment depuis 1989, comme une terre de coexistence. Une vingtaine d’ethnies y coexistent, parmi lesquelles les plus nombreuses sont roumaine, hongroise, serbe et allemande. Par sa multiplicité ethnique, confessionnelle et culturelle, le Banat apparaît rétrospectivement comme un « laboratoire de la modernité ».
Ce volume a été conçu par la fondation La Troisième Europe de Timisoara comme une présentation des héritages multiples de la région : études historiques, approches littéraires, analyses anthropologiques et sociologiques, mais aussi matériau de première main : textes d’anthologie, entretiens de terrain et iconographie.
TABLE DES MATIÈRES
Delphine BECHTEL et Xavier GALMICHE : Avant-propos
Adriana BABETI : « Le Banat : un Paradis aux confins »
Cartes du Banat
Équivalents toponymiques, statistiques
I. Pour une approche historique
Études
Valeriu LEU : « Le Banat impérial »
Vasile DOCEA : « A la recherche du Banat disparu »
Victor NEUMANN : « Plurilinguisme et interculturalité aujourd’hui »
Claudio MAGRIS : « Entre miroirs parallèles : Trieste / Timişoara », entretien inédit
Anthologie (1)
Aux confins de la littérature : le Banat des chroniqueurs, historiens, voyageurs (XVIe-XIXe siècles)
Nicolaus OLAHUS (1536), Mustafa GELALZADE (1522), Evlia ÇELEBI (1660-61), Dimitrie CANTEMIR (1683-1712), SILAHDAR Findiklili Mehmet aga (1716), Dom Augustin CALMET (1751), Francesco GRISELINI (1779), Johann Jakob EHRLER (1774), Nicolae STOICA DE HATEG (1827), Arthur et Albert SCHOTT (1845)
Cahier photographique
Mémoires urbaines
II. Confluences littéraires
Cornel UNGUREANU : « Cartographie de la littérature roumaine du Banat »
Laura CHEIE : « Insularité des écrivains germanophones du Banat ? »
Imre BALÁZS: « Repères sur la littérature hongroise du Banat »
Ioan Radin PEÏANOV : « L’Ithaque retrouvée ou la littérature serbe à Timişoara »
Dagmar Maria ANOCA : « Littérature slovaque : le ‘phénomène Nădlac' »
Anthologie (2)
Un siècle de prose et de poésie (XXe siècle)
Ioan SLAVICI : « Le Monde de ces temps-là », traduit du roumain
Adam MÜLLER-GUTTENBRUNN : « Maître Jakob et ses enfants », traduit de l’allemand
Miloš CRNJANSKI : « Ithaque », traduit du serbe
Elek GOZSDU : « Notre jardin est proche de Dieu », traduit du hongrois
Dušan VASILJEV: « Homme chantant après la guerre », traduit du serbe
Todor MANOJLOVIĆ : « Rues nocturnes », traduit du serbe
Camil PETRESCU : « Entre deux trains : Timişoara », traduit du roumain
Cora IRINEU: « Timişoara », traduit du roumain
Zoltán FRANYÓ : « Souvenirs d’Endre Ady », traduit du hongrois
Jósef MÉLIUSZ : « Statues et ombres », traduit du hongrois
Károly ENDRE : « Huitième élégie », traduit du hongrois
Róbert REITER : « Avec mon père au bord de la mer » et autres poèmes, traduits du hongrois
Adám ANAVI : « II. Biblioteca Universalis », traduit du hongrois
Vasko POPA : « Vršac sous la mer » et autres poèmes, traduit du serbe
Sorin TITEL : « Le Pays lointain », traduit du roumain
Livius CIOCÂRLIE : « La Cloche submergée », traduit du roumain
Virgil NEMOIANU : « Ma Famille », traduit du roumain
Petre STOICA : « Au temps du cinéma muet » et autres poèmes, traduit du roumain
Șerban FOARTĂ : « ABC d’air »
Duşan PETROVICI : « Et tu marches à travers le monde comme l’eau » et autres poèmes, traduit du roumain
Herta MÜLLER : « L’Homme est un grand faisan sur la terre », traduit de l’allemand
Richard WAGNER : « Les Murènes de Vienne », traduit de l’allemand
Daniel VIGHI : « Les Mystères du château Solitude », traduit du roumain
Viorel MARINEASA : « Fabric, c’est moi », traduit du roumain
Ioan FLORA : « La Jument nommée Danube », traduit du roumain
Ondrej ŠTEFANKO : « Confession d’une ombre » et autres poèmes, traduits du Slovaque
Johann LIPPET : « Idiome » et autres poèmes, traduits de l’allemand
Slavomir GVOZDENOVICI : « Crnjanski à Timişoara », traduit du serbe
Marcel TOLCEA : « Sol invictus » et autres poèmes, traduit du roumain
Eugen BUNARU : « Sur la colline jaune d’en face » et autres poèmes, traduit du roumain
Radu Pavel GHEO : « Ocskó », traduit du roumain
Robert ŞERBAN : « Le Voyage » et autres poèmes, traduits du roumain
III. Mémoire et reconstruction identitaire
Cahier photographique
Pratiques identitaires
Alin GAVRELIUC : « L’imaginaire identitaire du Banat »
Otilia HEDEŞAN : « Les facettes d’une identité réinventée »
Smaranda VULTUR : « Le bon usage de la mémoire »
Interviews orales avec les Banatais: » ‘Nous’ et ‘ils’ au Bărăgan ou argument pour un portrait robot du ‘bon Banatais’ «
« Le matou du Roumain et le matou de l’Allemand »
« Chorales et fanfares »
Les Médaillons/Médaliony (texte bilingue)
par Zofia NALKOWSKA, traduit du polonais par Agnieszka Grudzinska
ISBN 978-2-7204-0527-3, 130 pages
Les Médaillons se composent de huit textes courts de Zofia Nałkowska (1884-1954), écrivaine renommée en Pologne dès les années 1910. Après la Seconde Guerre mondiale, elle participa à la Commission d’enquête sur les crimes allemands en Pologne, assistant aux interrogatoires des témoins, aux procès des victimes, à des enquêtes sur place, en particulier dans le camp d’extermination de Chełmno. C’est alors qu’elle rédigea les Médaillons, récits entre fiction et document, entre narration et compte rendu, entre pensées prêtées aux protagonistes et descriptions réalistes. Ils furent publiés en 1946.
Chaque texte concentre l’horreur de la guerre et de la Shoah : convoi de déportés, ghetto vu du côté aryen, expérimentations sur les détenus, aspect économique des camps d’extermination, etc.
Traduits dans plusieurs langues, ces textes pionniers de l’écriture de témoignage mirent à nu des aspects insoutenables d’une expérience alors toute proche. Leur écriture « blanche », éloignée du pathos, expression de la stupeur devant le « sort que des hommes ont réservé à d’autres hommes », demeure pour le lecteur d’aujourd’hui un choc qui interdit d’oublier.
— À vous, je vais le dire : je voulais vivre. Je ne sais pas pourquoi, puisque je n’avais ni mari, ni famille, ni personne, mais je voulais vivre. J’avais perdu un œil, j’avais faim et froid, mais je voulais vivre. Pourquoi ? À vous, je vais le dire : pour tout raconter, comme je vous parle en ce moment. Pour que le monde sache ce qu’ils ont fait.
Dwojra Zielona
Lieux communs de la multiculturalité urbaine en Europe centrale
publié sous la direction de Delphine Bechtel, Xavier Galmiche et Clara Royer
Cultures d’Europe centrale n° 8, 2009, 249 p
Les villes d’Europe centrale sont caractérisées par leur multiculturalité. Celle-ci s’est cristallisée, dans les expériences concrètes de ses habitants ou dans les représentations qui en ont été retenues, à travers des images où émergent des lieux communs : objets, lieux ou situations-types, mais aussi clichés, stéréotypes, emblèmes, discours et récits codés.
Les études ici rassemblées abordent ces lieux communs par des analyses thématiques (la toponymie, les interférences linguistiques, les motifs romanesques de la mixité), ou en s’attachant à un aspect concret de la réalité socioculturelle de certaines villes (Berlin, Prague, Budapest, Varsovie, Lviv, Czernowitz, Brody) ou régions (Bohême, Silésie, Galicie, Biélorussie, Moldavie et Valachie, Hongrie, Slovaquie) emblématiques.
Mémoire(s) de Silésie – terre multiculturelle, mythe ou réalité ?
publié sous la direction de Florence Lelait, Agnieszka Niewiedział et Małgorzata Smorąg-Goldberg
Cultures d’Europe centrale, hors-série n° 6, 2009, 283 p.
L’analyse de la littérature, des lieux et des figures de cette histoire régionale permet ainsi de comprendre comment le passé est vécu, écrit, mis en scène, voire manipulé. Cette réflexion apparaît cruciale dans le contexte des constructions identitaires de la nouvelle Europe.
MÉMOIRE(S) DE SILÉSIE
Marie-Thérèse MOUREY
La paysage culturel de la Silésie : retour sur ses origines
La colonisation de droit allemand : point de départ du processus de transformation de la structure sociale et ethnique en Silésie
Breslau-Wrocław dans le miroir de la paralittérature ou le recours à l’archaïsme décoratif
MERVEILLEUX ET FANTASTIQUE DANS LES LITTÉRATURES CENTRE-EUROPÉENNES
publié sous la direction de Bernard Banoun & Delphine Bechtel
Cultures d’Europe centrale n° 2, 2002, 187 p.
Ce volume aborde les définitions et les rapports généalogiques entre le merveilleux et le fantastique en Europe centrale et orientale, région comprise ici comme « territoire du fantastique » commun. Le « premier » fantastique y naît tout d’abord en réaction aux Lumières, dans le sillage du romantisme et des idées herdériennes, il puise dans les traditions du merveilleux populaire et diverses sources folkloriques (germa niques, slaves et juives). L’influence des Contes de Grimm et d’E. T. A. Hoffmann s’étend ainsi dans toute l’Europe centrale jusqu’en Russie, avec Gogol. L’apparition du « second » fantastique en Europe centrale autour de 1900 se caractérise par son ancrage dans le rejet du scientisme et du positivisme occidental, lié à la diffusion de courants irrationalistes tels qu’occultisme, spiritisme, magie ou théosophie. Sans que les thèmes et les formes se démarquent systématiquement du premier fantastique, ces courants sont particulièrement sensibles en Autriche chez Meyrink, Kubin, Hofmannsthal, Schnitzler, en Bohême chez František Langer ; chez d’autres auteurs domine le recours aux traditions mythiques du passé national et au messianisme (Wyspianski, Peretz), ou encore la référence à un mythe englouti (Perutz, Lernet-Holenia, Appelfeld).
TABLE DES MATIÉRES
Evelyne Jacquelin :
Théories et lectures du fantastique de part et d’autre du Rhin : L’exemple de Leo Perutz
Alain Muzelle :
Réflexion poétique et fantastique dans L’Eglise des jésuites de E.T.A. Hoffmann
Luba Jurgenson :
Le fantastique et le réel dans les Nouvelles pétersbourgeoises de Gogol
Delphine Bechtel et Malgorzata Smorag-Goldberg :
Entre les ombres du passé et les fantasmagories du futur : la mise en scène d’une catharsis collective chez Wyspianski et Peretz
Bernard Banoun :
Merveilleux et principe de réalité dans le récit La Femme sans ombre de Hugo von Hofmannsthal
Xavier Galmiche :
Exploitation et refoulement du kitsch fantastique de Bohême : Autour de l’œuvre précoce de František Langer (Jakub Deml, Josef Váchal)
Lenka Stránská :
Les royaumes merveilleux d’Otakar Ostrčil (1879-1935)
Jean-Yves Masson :
La Nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler comme réécriture ironique de La Flûte enchantée : un exemple d’utilisation critique du fantastique
Sabine Laliberté :
Motifs du fantastique dans l’oeuvre d’Alexandre Lernet-Holenia
Michèle Tauber :
Le thème de la métamorphose chez Aharon Appelfeld
Minorités littéraires (et autres) en Pologne
publié sous la direction de Agnieszka Grudzińska & Kinga Siatkowska-Callebat
Cultures d’Europe centrale, hors-série n° 8, 200 p., 2012, 24 planches hors-texte n & b et couleur
ISBN 978-2-7204-0488-7
Cette publication se propose de porter un regard neuf sur la question de l’identité polonaise considérée comme le point de rencontre de plusieurs facteurs, traditions et cultures. La réflexion autour du thème des minorités au sens large (minorités littéraires, sexuelles, ethniques…) associe diverses approches qui puisent dans la critique littéraire, la sociologie, l’histoire et différents domaines artistiques.
L’image de la Pologne qui en ressort est celle d’un pays en évolution, en constant mouvement et qui s’efforce de sauvegarder le modèle homogène de l’identité mis à l’épreuve après 1989. Les textes dévoilent des pans entiers de la recherche, de l’art et des préoccupations sociales présents en Pologne, des phénomènes politiques, culturels et éducateurs novateurs. On découvre ainsi la face d’une « autre Pologne », pays européen qui va à grand pas vers une modernité, intellectuelle, sociale, économique, face peu connue, voire complètement ignorée en France.
Ce volume est le fruit de la collaboration entre le Département de Polonais de l’Université Paris-Sorbonne et l’Institut de recherche littéraires de l’Académie polonaise des sciences de Varsovie.
« Construire une identité collective autour de l’axe de la « guerre polono-russe sous le drapeau blanc-rouge » (Dorota Maslowska) rend difficile l’émergence d’autres langages. Le nôtre commence à être insuffisant, car dans les temps nouveaux le drapeau blanc-rouge déteint. La joie provoquée par la chute du communisme et par le recouvrement de la souveraineté nationale ne suffit plus. »
Kinga Dunin
TABLE DES MATIÈRES
Introduction, par Agnieszka GRUDZIŃSKA
Avant-propos, » Cartographie(s) de minorités littéraires et autres « , par Guy AMSELLEM
I. Femmes, minorité visible
Maria DELAPERRIÈRE, La poésie au féminin ou la féminité autrement
Krystyna KŁOSIŃSKA, Zapolska à Paris
Izabela FILIPIAK, Maria Komornicka et les créations de l’alterité
Kazimiera SZCZUKA, La Mère-Polonaise et l’avortement
Agnieszka WESELI-GINTER, Lagerbordell au Konzentrazionslager Auschwitz-Birkenau
II. Homo-textualité
Anna SYNORADZKA-DEMADRE, Faut-il publier le journal intime d’Andrzejewski ?
German RITZ, Être avec l’Autre » à la polonaise » . Entre ethos et sexualité, ou comment se décompose le fantasme ? Le Cosaque de Goszczyński et la Chabraque d’Irzykowski
Alessandro AMENTA, La double altérité comme figure d’une recherche transgressive de l’identité. Entre le conflit et le dialogue : l’exemple de Marian Pankowski
Maria JANION, Le sexe du vampire
III. Langages minoritaires
Claudia SNOCHOWSKA-GONZALES, » La guerre polono-russe » ou qui parle ?
Kinga DUNIN, Est-il possible d’être autre ? Le cas de Dorota Masłowska : collaboration ou transgression ?
Agata ARASZKIEWICZ, Le mystère de Ginczanka ou le centre exclusif de la langue polonaise
Irena GRUNDZIŃSKA-GROSS, La poésie à l’accent étranger
Agata JAKUBOWSKA, Alina Szapocznikow, une étrangère au temps du réalisme socialiste
Marek WASILEWSKI, Les artistes en Pologne, une minorité
Piotr GRUSZCZYŃSKI, Mort aux maîtres !
IV. Minorités face à la politique
Aleksandra SEKUŁA, La pensée de droite de Zygmunt Krasiński
Sławomir SIERAKOWSKI, Le Polonais se dispute avec l’Autre : à propos d’un nouveau cosmopolitisme
Laura QUERCIOLI MINCER, Nous avons cru au paradis sur terre. Illusions et échecs des communistes juifs dans la Pologne d’après-guerre
Maria JANION, L’ironie de Calel Perechodnik
Konstaty GEBERT, Nous l’avons réussi !
Miroirs brisés : récits régionaux et imaginaires croisés sur le territoire slovaque
publié sous la direction d’Étienne Boisserie & Clara Royer
Cultures d’Europe centrale, hors-série n° 7
ISBN 978-2-7204-0476-4, 2011, 315 p., illustrations en noir et en couleur
Lorsqu’au début du xxe siècle, quelques patriotes entreprirent d’écrire une histoire « slovaque », ils en avaient une conception bien sommaire reposant sur le territoire d’un slovenské etnikum grossièrement construit. La représentation « nationale » ne correspondait alors pas à ce qui allait devenir le cadre territorial de référence, la Slovaquie actuelle. Au moment des changements politiques et frontaliers des années 1918-1920, un nouveau récit historique s’élabora . Dès lors, et tout au long du xxe siècle, grande fut la tentation d’évacuer certaines dimensions de l’appartenance millénaire du territoire slovaque au royaume de Hongrie et d’en taire la construction par apports et installations successifs : de nouveaux récits gommèrent tout ou partie du complexe héritage politique, symbolique, culturel, architectural, littéraire et religieux, sous prétexte qu’il témoignait insuffisamment d’une vie « nationale », qu’elle fût slovaque ou tchécoslovaque.
À bien y regarder, cette diversité marqua le territoire et les hommes par les cadres mentaux, juridiques, politiques et sociaux qu’elle imposait et elle continua d’irriguer culturellement et politiquement l’entre-deux-guerres. Ce volume présente des contributions qui reflètent cette richesse et cette diversité sociale et culturelle.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction, par Étienne BOISSERIE et Clara ROYER
Dessiner un paysage symbolique
Dušan ŠKVARNA, Formes et limites des constructions politiques et symboliques slovaques au XIXe siècle
Joanna GOSZSZYŃSKA, Les Tatras dans la controverse autour de l’identité nationale slovaque au XIXe siècle
L’ubomir LIPTÁK, Transformations politiques des monuments ou monuments des changements politiques. Grands et petits roques sur les socles
Štefan JANŠÁK, « Les Tchèques en Slovaquie »
Sept ans de malheurs (1941-1948)
Peter SALNER, Bratislava et le pendule : les chaotiques années 1940
Leo KOHÚT, « Une victoire par temps sombre »
László SZARKA, Les Hongrois de Tchécoslovaquie et la tentative d’instauration d’un État-nation ethniquement homogène. Spoliations, émigration et assimilation forcées entre 1945 et 1948
Entre imaginaire rural et récits urbains
Valér MIKULA, Le village slovaque : peuple « doré » ou… « beurré » ? Approches sur les transformations d’un mythe
Rudolf SLOBODA, « Le sel de la terre »
Marcela MIKULOVÁ, Le phénomène urbain dans l’oeuvre de Janko Jesenký
Janko JESENKÝ, « Peur »
Xavier GALMICHE, « tout ce qui de mon temps donnait sa physionomie particulière à l’Autriche-Hongrie tout entière « . William Ritter en Slovaquie: le syndrome empathique
Lieux communs des imaginaires régionaux
Gábor CZOCH, De l’identité nationale dans une ville multiethnique au milieu de XIXe siècle : le cas de Kaschau / Kassa / Košice
Catherine HOREL, Preβburg-Pozsony-Bratislava, une ville multiculturelle (1880-1919)
Pavel VILIKOVSKÝ, » Ma Bratislava à moi «
Lajos GRENDEL, « Les lieux de refuge quotidiens «
Csaba Gy. KISS, Là où on attache la chèvre à la cheminée. Sur la mythologie littéraire de Banská Štiavnica (Schemnitz / Selmecbánya)
Kálmán MIKSZÁTH, « Bourgeons printaniers »
Juliana MRVOVÁ s’entretient avec Jiŕí OLIČ et Laco TEREN : » Un siècle dans la marmite « .
MULTICULTURALITÉ URBAINE EN EUROPE CENTRALE. Villes moyennes et bourgades
Publié sous la direction de Delphine Bechtel, Xavier Galmiche et Cécile Kovácsházy
Cultures d’Europe centrale, n° 7, 2008, 263 pages
Si l’on considère l’Europe centrale comme un ensemble de cultures caractérisées par un enchevêtrement fertile et une « histoire partagée », on voit apparaître les villes multiculturelles comme l’une de ses spécificités. L’importance des phénomènes urbains en Europe centrale se mesure en rapport avec un essor industriel souvent plus tardif, une structure sociale plus archaïque ou enore les rapports complexes qu’entretiennent les centres urbains avec les campagnes et la mosaïque ethnique et culturelle qui les composent et les opposent.
De ces lieux centre-européens où s’entrecroisaient deux, trois ou quatre cultures différentes, une première distribution se fait en fonction de la taille, entre métropoles, centres régionaux, villes moyennes et petites villes provinciales. Nous focalisons ii notre attention sur la constitution du « maillage » de l’espace centre-européen par des villes d’importance moyenne, voire des bourgades. Ces îlots urbains constituaient-ils des enclaves dans un arrière-pays plus homogène ? Comment la multiculturalité des petites villes a-t-elle évolué au rythme des heurts du xxe siècle ? A-t-elle disparu, résisté ou muté ? Quels en sont les reflets dans la production culturelle et artistique au sens large (sociabilité, presse, littérature, cinéma, arts, etc.) ?
TABLE DES MATIÈRES
Robert Traba
Continuité et histoire interrompue : la ville dans la ‘longue durée’ dans l’historiographie polonaise, considérations méthodologiques
Xavier Galmiche
Les mémoires parallèles de Toužim / Theusing, une petite ville de Bohême de l’Ouest : modélisation et modalisation de l’Histoire
Jadwiga Wala
Teschen, Cieszyn, Těšin : histoire mouvementée d’une ville divisée
Agnieszka Niewiedzial
Korfantów / Friedland en Haute-Silésie : histoire locale et souvenirs individuels
Yves Plasseraud
Vila / Wilno / Vilnius : ou le palimpseste retrouvé
Catherine Horel
Pécs / Fünfkirchen / Pečuh : multiculturalité en Hongrie méridionale, XIXe-XXe siècles
Ivan Chalupecký
Levoča / Leutschau / Lőcse : capitale de la région multiculturelle de la Spiš / Zips / Szepes en Slovaquie
Balázs Ablonczy
Un déclin séculaire : formes de coexistence ethnique à Banská Štiavnica (Selmecbánya / Schemnitz)
Smaranda Vultur
Les frontières intérieures d’une petite ville du Banat : Oraviţa
András Kányádi
Czíkkszereda / Miercurea Ciuc en pays sicule : une coexistence cahin-caha
Delphine Bechtel
Kamenets Podolski, « la perle sur le rocher » : de la multiculturalité à l’amnésie
Marc Sagnol
Oujgorod / Ungvar et Moukatchévo / Munkács : les confins de la Hongrie en Ukraine sub-carpatique
Daniel Baric
Zara / Zadar : partage et héritage d’un jardin de ville
Monika Stromberger
Ljubljana 1900-2008 : entre Europe centrale, Europe du sud-est et CEE
Poésie latine en Bohême. Renaissance et maniérisme
Textes choisis, préfacés et commentés par Hana Jechova-Voisine et Jacques Voisine
Cultures d’Europe centrale, hors série n° 1, 2002, 128 pages
Il est significatif que la poésie humaniste, qui si souvent imite les auteurs anciens jusqu’à en répéter les images et parfois des vers entiers, s’attache en même temps au détail connu de l’expérience directe et à l’événement vécu. L’inspiration puisé chez les Anciens se même à l’observation et à la réflexion personnelle. L’idéal du citoyen fier de son pays donne un accent patriotique à des oeuvres évoquant la beauté de la vie terrestre dans l’aisance et la tranquillité. Ce sentiment de satisfaction est compensé par la conscience de la vanité. Certains poèmes tchèques de cette époque font en effet penser à la célèbre image de la rose, fraîche le matin et fanée le soir. Les poètes tchèques d’expression latine ont été nombreux. L’art de la versification étant considéré comme une partie de l’érudition, les écrits de plusieurs d’entre eux ne dépassent pas le niveau d’exercices scolaires. Toutefois ils témoignent des tendances qui, à côté des querelles religieuses et politiques, se développent alors dans les milieux universitaires et mondains de Bohême. Sans sombrer dans certains contrastes et oppositions, cette poésie exprime les nuances d’une vie où joie et résignation se côtoient et où l’on respecte les autres pour être respecté soi-même.
TABLE DES MATIÈRES
Langues et lettres latines en Bohême
Bohuslav Hasištenský z Lobkovic
Élégie sur la mort de l’empereur Charles
Šimon Fagellus Villaticus
Au Seigneur Pierre de Rosenberg
Tombeau de l’empereur Charles IV
Tombeau de ma mère
Martin Kuthen
Sur le mausolée réunissant les sépultures des rois de Bohême
Les images de l’Aigle et du Lion sur la Tour du Pont
Matouš Kolín
Élégie consolatrice
M. Collinus/…/fait connaître la compassion et tristesse filiale que lui inspire le désastre de ce royaume
La peste
Du pouvoir de l’amour
Jan Orpheus
L’incendie du célèbre château de Prague
Lettre
Vít Traianus
Les troubles de Bohême
Jan Šentygar
Sur la mort d’un frère
Le peuple calomnié
Désir de paix
Pour vivre heureux, vivons cachés
Bohuslav v Hodějova ou Hodějovský
La région de la Moldau
Sur la fragilité humaine
Martin Hanno
Lettre de l’Université de Prague
Jiří Vabruschius
Pourquoi la rose est rouge
Le mois de mai
La vie misérable des poètes
Jakub Srnovec Philetus
Prière pour la paix publique
Tomáš Mitis
Carlsbad
Elégie
Baltazar Kulíšek
Libuše et la guerre des vierges
Kašpar Cropacius
Sur les poèmes de Bohuslav, baron Hassenstein
David Crinitus
Elégie
Jan Campanus
Prosopopée
Václav Ripa
A la noble poétesse Elisabeth Weston
Alžběta Johana Westonia
Invincible et tout-puissant empereur, seigneur très clément
Sur le livre II des Tristes d’Ovide
L’inondation de Prague
Updating…
