Mémoires de Stanislas II Auguste (PONIATOWSKI)

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édité par Anna Grześkowiak-Krwawicz & Dominique Triaire

ISBN 978-2-7204-0484-9, 2012, 863 p., 8 pl. h.-t. coul.

En 1795, la Pologne est rayée de la carte de l’Europe pour cent vingt-trois ans. Le redressement du pays, symbolisé par la constitution du 3 mai 1791, puis par l’insurrection de Tadeusz kościuszko, n’a pas empêché l’Autriche, la Prusse et la Russie de consommer leur œuvre. On chercha alors ceux qui avaient causé la catastrophe finale.

Le dernier roi, Stanislas Auguste (1732-1798), fut le premier vers qui se tournèrent les regards. Il est vrai que, placé sur le trône en 1764 par Catherine II, dont il avait été l’amant, il passait aux yeux d’une partie de ses compatriotes pour l’homme lige de la Russie. Le roi le savait, mais il savait aussi la situation déplorable de la vieille République dont la noblesse, jalouse à l’excès de ses libertés et de ses traditions sarmates, restait raidie sur le funeste "liberum veto" qui bloquait toute augmentation des impôts et donc de l’armée. Les timides réformes tentées par le jeune souverain n’irritèrent pas moins la noblesse conservatrice que les puissants voisins qui veillaient à maintenir la Pologne dans son état de faiblesse.
C’est dans ces circonstances que la confédération de bar éclata dont l’épisode culminant fut en novembre 1771 l’enlèvement du roi. Il mesura alors combien son image était avilie dans le pays, et comprit que beaucoup lui attribuaient la responsabilité des événements – et les plus terribles étaient à venir. Stanislas Auguste sentit qu’il devait répondre aux accusations que ses contemporains (et au-delà, la postérité) portaient contre lui.
Ce sont les "Mémoires" : leçon de politique moderne où le roi, nourri de la pensée des Lumières, analyse les dangers que court une république (car le régime polonais, malgré ses défauts, était républicain) face à des despotes armés et cyniques. Le roi voulait être lu : il écrivit en français. Malheureusement, à sa mort, ses papiers furent saisis sur ordre de Paul Ier ; ils ne furent ouverts à la consultation qu’au XXe siècle. cette édition, la première en France, a été établie sur les manuscrits originaux, conservés à Moscou et à Cracovie.
Anna Grześkowiak-Krwawicz est historienne, professeur à l’Université de Varsovie et à l’Institut de recherches littéraires (IbL) de l’Académie polonaise des sciences ; elle a publié "Regina libertas : Wolność w polskiej myśli politycznej XVIII wieku" (Gdańsk, Słowo/obraz Terytoria, 2006) et a dirigé avec Iza Zatorska "Liberté : héritage du Passé ou idée des Lumières ? Freedom : Heritage of the Past or an idea of the Enlightenment ?" (Kraków ; Warszawa, Collegium Columbinum, 2003)
Dominique Triaire est professeur de littérature à l’Université de Montpellier ; avec François Rosset, il est l’auteur d’une biographie de Jean Potocki (Flammarion, 2004) et d’une édition des œuvres du même écrivain (Peeters, 2004-2006, 6 vol.)

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