Les ouvriers en U.R.S.S. (1928-1941)

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par Jean-Paul DEPRETTO, préface René Girault

ISBN 2-7204-0328-8, 1997

Entre 1928 et 1941, les effectifs de la classe ouvrière en U.R.S.S. ont connu une croissance sans précédent: ils ont presque triplé. Encore ne s’agit-il que des travailleurs libres, il faudrait y ajouter les détenus du Goulag dont le nombre augmente considérablement durant cette période.

La connaissance du monde du travail en U.R.S.S. est obscurcie par des mythes tenaces: les historiens ont trop souvent accepté sans critique les affirmations officielles. Le présent ouvrage s’attache à remettre en cause ces idées toutes faites. Pour ce faire, il s’appuie sur des sources statistiques peu exploitées jusqu’ici, comme les recensements syndicaux de 1929 et de 1932-1933. Ces documents montrent que la classe ouvrière était diverse et que l’on ne saurait parler d’elle au singulier: selon les branches et les régions, elle présentait des visages différenciés, produits d’une longue histoire. Le Grand Tournant n’a pas effacé ces héritages. Contrairement aux idées reçues, les usines n’ont pas toutes été envahies par une «marée paysanne»: en 1933, il subsistait une classe ouvrière de deuxième génération dans plusieurs secteurs importants (industrie cotonnière moscovite, sidérurgie de l’Oural, métallurgie de Leningrad).
Selon la théorie officielle, l’U.R.S.S. était une «dictature du prolétariat». La presse officielle, censurée, s’exprimait au nom de la prétendue «classe dirigeante» et ne donnait guère la parole à la base. C’est pourquoi il est difficile d’étudier l’opinion ouvrière. Et pourtant elle existait et s’exprimait elle aussi. Les attitudes à l’égard du régime étaient diverses, mais le mécontentement prenait des formes multiples et pouvait même déboucher sur des grèves.
Ancien élève de l’ENS, agrégé d’histoire, docteur, Jean-Paul Depretto a enseigné dans plusieurs lycées. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Toulouse-Le Mirail. Il est aussi l’auteur (en collaboration avec S. Schweitzer) d’un livre sur le mouvement ouvrier chez Renault (1920-1939) et a publié plusieurs articles sur l’histoire sociale de l’U.R.S.S.
«Le champ de cette étude se place en un moment clef, celui de la seconde révolution soviétique, lorsqu’il fut question de cons­truire l’homme nouveau en même temps qu’il était ques­tion de par­faire l’industrialisation de la Russie afin d’en faire une grande puis­sance. Parce que l’auteur a su brosser un tableau vrai de la classe ouvrière sovié­tique, débar­rassé des mythes politiques ou idéologiques, ce livre va consti­tuer une référence obligée pour tous ceux qui veulent essayer de com­prendre l’évo­lution d’un pays passé du sous-développement à la toute-puis­sance, avant de revenir à la fragilité politique, écono­mique et même cultu­relle.
En s’interrogeant sur cette période en appa­rence loin­taine, ne comprendrait-on pas mieux certaines transformations récentes?»
René Girault

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